détruire pour créer

- à propos -

b. 1986, HK.

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Dany Dickes

détruire pour créer

 

CURSUS UNIVERSITAIRe

2013   Professeur d’éducation artistique au LGL 

2009   Thèse, Travail de candidature Détruire pour pouvoir créer, la problématique de la destruction au sein de la création plastique de la deuxième partie du XXe siècle jusqu'à nos jours 

2008   Professeur d’éducation artistique au LCE  

2007   Professeur d’éducation artistique au LTL 

2006   Diplôme de Formation Pédagogique 

2002    Master2, D.E.A. à l’UMB Le feu comme fin et comme moyen,réflexions sur la problématique de l'oeuvre traversée par le feu,Strasbourg, France 

2001    Professeur d’éducation artistique au LAML 

Master1, Maîtrise Arts Plastiques à l'UMB, Strasbourg, France 

1999    Licence Arts Plastiques à l'UMB, Strasbourg, France 

1998    D.E.U.G. Arts Plastiques à l'UMB, Strasbourg, France 

EXPOSITIONS

2014     Expo personnelle “ut pictura poesis” à la Galerie d’art municipale à Diekirch, LUX

Publication du livre “Elfenbeintestament“ (Dany Dickes, peinture – Laurent Fels, poésie ; livre publié aux Éditions Poiêtês)

2013     Expo personnelle à la Galerie château de Bourglinster

Publication du livre “Mots à Maux“ (Dany Dickes, peinture – Danielle Hoffelt, poésie ; livre publié aux Éditions Phi)

2011     Expo personnelle à la Galerie Denzelt à Echternach

Expo personnelle Nocturne Sichel/Ernster à Esch

2010    Expo collective à la Galerie d’Art Fachmaart Robert Steinhäuser, Leudelange, LUX

2008     Expo collective “Paradoxes?”, LUX

2004     Expo collective New Fluxus ASBL “oppen 8, 28 Konschtatelieren ueschtert d’ Land”, LUX

Expo personnelle “effervescences ambiguës” au Congo, LUX

Expo collective à la Galerie d’Art Foto Trade, LUX

Expo collective “maartine, un soir pour l’art” au CK Forum, Leudelange, LUX

Expo personnelle à l'Internat Ste Marie, LUX

Expo personnelle à la Galerie d’Art Foto Trade, LUX

2003     XXIème Biennale d’Esch Concours international de la peinture et de la sculpture des jeunes, LUX

2002     Expo collective “Identité-Identity” au Konschthaus beim Engel, LUX 

Expo collective “Identité-Identity” à la Galerie CROUS Beaux Arts, Paris, FRA

2001     Expo collective au CRAC Alsace, Altkirch, FRA

Expo personnelle à l'Internat Ste Marie, LUX

 

détruire pour créer

L’idée de la destruction au sein de la création est un concept qui fait partie intégrante de ma vie personnelle, artistique et professionnelle. 

La matière, l'étrange qui gît dans le banal, la recherche de la pureté, la disparition et la présence de l'absence sont des notions qui m´accompagnent dans mon travail depuis toujours. Au fil du temps, mes recherches plastiques m’ont amenée à éliminer de plus en plus la couleur. Les créations existaient dès lors plutôt par un maniement de couleurs naturelles, de couleurs tertiaires assistées du noir et du blanc. 

Ensuite, c´est le feu qui s’est peu à peu introduit dans ma pratique artistique. La palette des couleurs du feu et les nuances subtiles dont elle est capable s’harmonisaient tout à fait avec mes recherches plastiques en cours. Dans un premier temps, l’utilisation de la flamme était purement plastique et esthétique. Je brûlais de rendre la matière unique, d´autant que chaque substance semblait réagir et changer différemment au moment où la flamme l’attaquait. Différents fragments calcinés furent ensuite assemblés pour former un tout. Composer après avoir récupéré et brûlé certains morceaux de bois – autant dire détruire pour construire sans que le caractère destructeur du feu disparaisse pour autant, sans qu´intervienne la réconciliation.

La soumission à l’aléatoire et au danger de la destruction n’avait cesse de me pousser à faire de nouvelles expériences au risque permanent de me retrouver face aux cendres de mon travail. Le but de mes recherches était de créer des œuvres où l'on sent l'énergie et la puissance de la force destructrice, mais d'une façon mélancolique, comme une trace, comme la mémoire d'une action dévorante, le souvenir d'un danger lointain, les objets reflétant leurs ombres, leurs âmes. Peu à peu, l'introduction des petites références à l'humain faisait rompre l'unité formelle et renforçait le caractère destructeur et symbolique de l'action du feu. Le choix de ces objets était évidemment essentiel : la poignée d'une porte, une porte entière, une chaise, des chaussures, des livres… autant d´objets qui parlent déjà par eux-mêmes. 

Le feu ronge la matière. Les flammes transforment et détruisent l’objet couche par couche. Le support est en train de disparaître jusqu’à ce que le processus de destruction soit interrompu. L´objet n'est pas détruit complètement, mais traversé d'une énergie qui a failli l'anéantir. Partiellement détruit, il convoque et conjure sa propre absence. Les objets brûlés deviennent ainsi l'ombre d'eux-mêmes, maintenus en équilibre fragile, menaçant de disparaître… Dans certaines œuvres l'objet brûlé a disparu. La seule chose qui reste alors c'est son empreinte, sa trace. Les objets ne sont alors plus présents directement, mais sont suggérés par les traces qu’ils ont laissées lorsque les flammes les ont anéantis. Ainsi, la mémoire et le souvenir participent à l´appréhension de l´œuvre, en deviennent une partie essentielle.

Petit à petit la peinture s’est de nouveau introduite dans ma pratique. J’ai d´abord cultivé une palette dans un registre sourd, noirci et roussi plutôt qu'éclairé, et riche en interactions chromatiques les plus nuancées. Des changements minimes produisent des vibrations qui gardent l'œil en alerte et empêchent le tableau de devenir statique, inerte et monotone. L'obscurité ambiguë fascine et suggère des mystères... Peu à peu ma palette s’éclaire néanmoins de plus en plus et, suite à un processus de création qui se base sur le principe du palimpseste, j’applique des couches successives de produits colorés qui ne sont pas compatibles entre eux, j’efface certaines couches et j’ajoute à nouveau des couches de peinture qui ne s’associent pas complètement. J’agresse donc la toile ou le support afin que celui-ci porte ses cicatrices comme des blessures ouvertes qui sont par après recousues partiellement. Mutilations, perforations, coupures et lacérations... – autant de symptômes de décomposition, d'agression et de mort.

Dans mon travail plastique, que ce soit en travaillant avec le feu ou avec de la peinture, je considère la destruction comme un élément vital, une force énergétique et génératrice qui est capable d’alimenter et de renouveler en permanence la créativité. Il se forme donc une relation intime entre la destruction et la création. Elles s´attirent et se nourrissent mutuellement et, paradoxalement, aucune des deux ne pourrait exister sans l’autre.